Togo : l’ANSAT a fait le bilan de la campagne agricole 2020-2021

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Togo : l’ANSAT a fait le bilan de la campagne agricole 2020-2021

À l’orée de cette nouvelle année 2021, l’Agence Nationale de sécurité alimentaire du Togo (ANSAT) a dressé bilan des activités menées au cours des douze (12) derniers mois.
Le Directeur général de l’ANSAT, Col. Ouro-Koura Agadazi a dans un entretien exclusif accordé à l’Agence de Presse Arcane Communication (A-News) relevé les grands axes des actions menées et balisé le terrain en précisant les perspectives et champs opératoires de l’ANSAT pour les prochains mois.
A-News vous propose In Extenso, l’entretien avec le DG de l’ANSAT Col. Ouro-Koura Agadazi.

A-News: Col. Ouro-Koura Agadazi, DG de l’ANSAT bonjour, quelle appréciation faites-vous de l’année 2020 en terme d’actions menées ?

DG ANSAT :
L’année 2020-2021 a été marquée par 5 grandes activités tirées du plan de travail que nous avons élaboré en début d’année.
La première grande activité a porté sur la promotion du groupage des stocks sur l’ensemble du territoire national et par rapport à cette activité nous savons que par le passé, quand les paysans ne disposaient pas d’infrastructures de stockage, ils enregistraient des pertes de récolte allant à 30% ce qui est énorme. C’est justement par rapport à cette faiblesse que le gouvernement Togolais avec l’appui des partenaires techniques et financiers a engagé des activités dont la construction des magasins de stockage. Aujourd’hui, nous avons 496 magasins construits par le gouvernement Togolais. Il fallait assister les paysans pour qu’ils développent cette culture de groupage de stocks pour avoir une force de vente sur le marché que ce soit au niveau national, sous-régional ou international, tout en réduisant les pertes post-récoltes.
La deuxième activité a porté sur la promotion de la bancarisation des acteurs du secteur agricole. Dans le cadre du Plan National de Développement (PND), l’objectif phare c’est d’amener le secteur privé à contribuer à hauteur de 65% à la fourniture des ressources financières pour soutenir les actions qui ont été décrites dans le PND. Il se trouve selon les statistiques qui ont été révélées il y a trois ans que ce niveau reste malheureusement très faible de l’ordre de 0,2 à 0,3%. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on a inscrit comme condition phare, la nécessité d’ouverture des comptes dans les banques au niveau des producteurs de céréales et de produits vivriers et cette initiative a pris corps en milieu paysan puisque les résultats d’enquêtes menées par la BCEAO établissent que le Togo en 2019 battait le record en terme de bancarisation au niveau des centres urbains mais aussi au niveau des centres ruraux. Le Togo se retrouve à la première place des pays de l’UEMOA avec un taux de bancarisation de 78,5 %. Il faudrait que toutes les structures qu’elles soient publiques ou privées travaillent de façon à consolider ces résultats.
La troisième activité a été l’appui aux exportations. Aujourd’hui, le Togo ouvre ses frontières à tous les pays qu’ils soient africains, Européens ou Américains avec des échanges qui s’accroissent d’année en année. Rien que pour l’année 2020-2021, nous avons enregistré plus de 67.000 tonnes de produits solides (céréales, tubercules, legumineuses ainsi que leurs dérivés) qui ont quitté le Togo vers les pays Africains, Européens et Américains.
Au cours de cette période 2020-2021, le Togo a exporté 296.000 litres de produits liquides (miel, huile de palme, huile de noix de coco, huile de karité et huile d’arachide).
Ces chiffres que nous avons enregistré relèvent de l’accompagnement que l’ANSAT a apporté aux opérateurs économiques. Nous avons une qualité qui est irréprochable, il y a du travail qui a été fait dans ce domaine. Le travail à faire c’est au niveau du prix au kilo ou litre. À ce niveau, les structures techniques notamment l’ITRA s’y emploie pour minimiser les charges d’exploitation avec la mise en place des semences végétales, animales ou halieutiques améliorées à la disposition des producteurs.
La troisième activité a porté sur la mise en marché des stocks de sécurité. Le monde entier a été secoué par une crise sanitaire et malheureusement continue de l’être et donc par rapport à cette crise il fallait qu’au niveau de chaque État des mesures hardies soient prises pour juguler cette crise mais en même temps pour contenir tous les impacts dus à cette crise notamment une tendance à la hausse des produits de première nécessité et au niveau du Togo on a senti ces velléités juste après la prise des mesures de riposte. A titre de rappel, le prix du bol de maïs de 450 frs était passé à 700 frs, donc le 24 mars déjà le gouvernement a pris la décision d’ouvrir les stocks de sécurité pour juguler rapidement cette tendance à la hausse. Jusqu’au 31 décembre 2020, nous pouvons nous féliciter des résultats qui ont été engrangés parce que de 700 frs les prix sont revenus à la normale c’est-à-dire entre 400 et 450 frs le bol de maïs de 2,5 kilo. Nous allons toujours maintenir la veille.
La cinquième activité c’est la sensibilisation en rapport aux mesures gouvernementales de riposte au niveau des différents acteurs notamment en zones rurales avec les paysans et en zones urbaines avec les femmes commerçantes et les consommateurs.

A-News : La Covid-19 a sapé les efforts sur le plan mondial, l’ANSAT a-t-elle été ralentie dans son élan de soutien et d’accompagnement des producteurs agricoles sur l’étendue du territoire national ?

DG ANSAT : Nous avons senti quelques effets quant aux prévisions. Vous savez que quand l’ANSAT lance sa campagne d’achats, ce sont des foules qui répondent à l’opération en milieu rural. Nous descendons sur le terrain pour acheter les céréales que sont le maïs, le sorgho, le mil, le riz et cette année nous avons ajouté le haricot; mais au-delà des achats, nous échangeons avec les paysans, les coopératives agricoles dans les villages parfois en présence du chef de village ou de Canton. Avec les contraintes liées à la Covid-19, nous avons dû revoir les prévisions à la baisse dans le souci d’aider nos communautés à briser la chaîne de contamination. Il a été demandé à chaque organisation de ne mobiliser qu’au plus 15 personnes par séance. Les coopératives ont donc eu à désigner les responsables avec lesquels nous avions échangé avec les responsables sur les différents sujets en rapport avec la Covid-19.
Le deuxième obstacle a trait aux enlèvements de stocks. Après des opérations d’achats s’en suivent d’autres activités, d’abord le traitement, la préparation des stocks. Nous allons sur les sites d’achats avec une vingtaine de manoeuvres mais avec la Covid-19 l’effectif a été réduit avec une durée de traitement plus importante. Les stocks qui devaient être traités et enlevés en moins de deux jours ont passé des fois cinq jours ou plus de dix jours ce qui a rallongé le temps de gestion de nos activités sans oublier les contraintes que les services de transport ont eu parce qu’il y avait par moment des mesures de confinement de certaines préfectures. Néanmoins, nous avons reussi à mener toutes les activités programmées au cours de l’année 2020-2021.

A-News : Les portes des 496 magasins sur l’échiquier national étaient récemment ouvertes, à quoi répondait cette initiative que certains avaient voulu gratuite ?

DG ANSAT : La mesure a été prise par le gouvernement pour permettre aux consommateurs Togolais de disposer des produits durant toute l’année et d’en avoir une facilité d’accès. A titre d’exemple, le maïs est vendu à 9500 F CFA sur les points de vente de l’ANSAT le sac de 100 kilogrammes alors que sur le marché on le retrouve entre 22.000 et 23.000 F CFA. Vous pouvez voir l’effort que le gouvernement a fait pour mettre cette denrée à la disposition des couches vulnérables par ces temps de crise. Mieux, dans le cadre de la coopération entre le Japon et le Togo, chaque année le gouvernement togolais bénéficie d’un don en vivres. On avait 6000 tonnes de riz KR en magasins, le gouvernement a ordonné que ce stock soit déversé sur le territoire au prix de 10.000 F CFA le sac de 30 kilogrammes. Il en est de même pour le riz et le sorgho qui connaissent à des périodes données une flambée des prix surtout après les périodes d’abondance. C’est un effort énorme que le gouvernement a fait en rabaissant les prix. je ne vous dirai pas ce que cela occasionne comme érosion des fonds au niveau de l’ANSAT mais Dieu merci ayant à cœur les besoins de consommation des populations, chaque année le gouvernement renouvelle ses subventions à l’ANSAT pour reconstituer les stocks de sécurité.
D’aucuns auraient voulu que ce soit donné gratuitement. Nulle part au monde cela n’existe. Le Togo n’est pas le seul pays au monde à gérer les stocks de sécurité. Les 15 pays de la CEDEAO disposent des stocks de sécurité et quand le besoin se fait sentir pour soutenir les populations, tous les pays déversent des stocks à des prix relativement bas mais dire qu’on doit au niveau de l’ANSAT distribuer les vivres gratuitement, il est du ressort d’autres structures et heureusement au Togo le gouvernement a pris toutes les dispositions pour satisfaire les besoins des couches les plus vulnérables. Nous avons pas mal d’agences que le gouvernement a mises en place qui ont cette capacité d’identifier les vrais nécessiteux sur le territoire auxquels des appuis sont apportés gratuitement.
Aussi, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) est l’organisme Onusien qui soutient les couches les plus vulnérables. Le PAM intervient aussi bien au Togo, en Afrique que dans le monde entier. Cette année nous venons de sceller un partenariat avec le PAM en mettant à sa disposition plus de 1300 tonnes de maïs et 379 tonnes de haricot qui sont en train d’être distribués gratuitement dans 23 localités.

A-News : Parlez-nous de la campagne agricole 2020-2021 !

DG ANSAT : la campagne 2020-2021 a démarré avec le même engagement au niveau des producteurs qui se sont bien préparés pour affronter toutes les activités dans leurs milieux pour assurer notre consommation locale mais avec une forte détermination à valoriser davantage nos produits à l’international. Nous avons senti cet engouement dès les premiers contacts que nous avions eu avec les paysans. Il se trouve malheureusement qu’on a eu d’autres contingences qui ont ralenti cet engouement notamment la Covid-19. Heureusement, avec tout ce que le gouvernement a engagé dans le secteur agricole, il a été établi que les capacités de production du monde rural ne peuvent en aucun cas être érodées par une quelconque conjoncture du fait qu’ils ont été suffisamment formés et aussi, ils ont eu des moyens qui ont été mis à leur disposition pour résister à tous les chocs. C’est vrai qu’on a une régression au niveau de la production des céréales et particulièrement du maïs mais par rapport à cette situation les paysans ont voulu faire d’autres choix de filières notamment le soja qui a connu une hausse exponentielle en matière d’emblavure et de production ce qui a joué au désavantage du maïs. Nous avons cette année pu réaliser de bonnes performances en terme de production pouvant couvrir la totalité des besoins de consommation au niveau national et même d’en dégager des excédents pour lesquels nous allons nous organiser avec les acteurs du monde rural pour identifier les canaux au travers desquels nous allons mieux valoriser ces excédents. La saison a été donc très bonne.

A-News : Le Togo fait de plus en plus la promotion du Consommer-local, l’ANSAT s’inscrit-elle dans cette dynamique ?

DG ANSAT : Il y va de soi. C’est la consommation qui tire la production vers le haut. Quand vous avez un produit autour duquel on sent une forte mobilisation ou engouement des consommateurs, dites-vous que l’année d’après les superficies s’agrandissent naturellement pour satisfaire encore la forte pression qu’il y a eu autour de ladite denrée au cours de l’année précédente. Promouvoir la consommation des produits locaux, c’est promouvoir le secteur agricole, c’est aussi par ricochet promouvoir l’économie nationale parce que si on arrive à faire passer ce message au point que toute la population Togolaise consomme ce que les Togolais ont produit, vous allez vous rendre compte qu’on va importer moins. Importer moins suppose qu’on relève un peu la consommation locale; une fois qu’on a une bonne consommation de nos produits l’économie se porte bien parce qu’on a un flux financier qui circule à l’intérieur du pays au lieu de l’envoyer vers l’extérieur. Cette initiative qui a été prise par le gouvernement il y a plus de 5 ans mérite d’être soutenue et l’ANSAT s’engage totalement à relever ce défi avec les autres acteurs. Il serait aussi question d’associer le consommer local à la diversification des filières.
Concernant le maïs, il est question de développer plus de relations avec les usines de transformation. On en avait une, il y a une nouvelle qui vient de s’installer avec laquelle nous sommes en discussion pour voir comment transformer le maïs que les paysans produisent en farine pour la mettre sur les marchés nationaux. Nous sommes un peu plus ambitieux que cela. L’ANSAT veut aller plus loin. Vous savez que la CEDEAO a plus de 300 millions d’âmes. Si on arrive à percer ce marché, ce serait une embellie pour les producteurs de céréales et ils ont justement cet avantage de par les nouvelles relations que les paysans développent avec les banques pour solliciter des prêts, agrandir leurs productions en introduisant surtout les machines agricoles, tracteurs et tout ce qu’il faut pour rendre le travail agricole moins pénible avec le souci de le rentabiliser davantage.

A-News : En interne, comment avez-vous procédé, quelle a été la stratégie de l’ANSAT pour éviter les avaries des stocks ?

DG ANSAT : Juste après les crises antérieures, on a voulu ouvrir les débats avec tous les acteurs notamment les paysans et surtout les commerçant(e)s de produits vivriers sur le territoire et élaborer un plan d’engagement des stocks de sécurité de façon à ne pas perturber les activités des paysans ou commerçant(e)s des centres urbains. Les stocks qui étaient mobilisés n’avaient droit d’être engagés sur le territoire qu’à l’analyse de la situation reelle que nous vivons ensemble avec les consommateurs, les producteurs et les commerçant(e)s des produits vivriers et donc cela a été possible avec une régulation que je pourrai qualifier de “parfaite”.
L’Agence Régionale pour l’Alimentation et l’Agriculture (ARAA) qui est le bras technique de la CEDEAO dans nos États et dont le siège se trouve au Togo a mobilisé suffisamment de ressources qu’elles soient humaines ou financières pour accompagner tous les offices de gestion des stocks de sécurité des 15 pays afin d’élaborer une stratégie de conservation qui mette en lumière les trois (3) niveaux de stocks. La première ligne de defense ou échelle étant les stocks que détiennent les producteurs et les commerçant(e)s.

Le deuxième niveau, c’est le stock institutionnel des offices et agences de sécurité alimentaire des 15 pays et le troisième niveau c’est la réserve régionale qui regroupe les stocks mutualisés des 15 pays membres de la CEDEAO.
Tous ces niveaux ont été structurés et caractérisés avec un mode d’engagement sur les marchés. Il est dit dans cette nouvelle stratégie que des cercles de concertation devraient être construits entre tous les acteurs que sont les paysans, les commerçants et les agences pour lire l’évolution des prix et des disponibilités des stocks dans tous les pays de la CEDEAO et les stocks des partenaires pour voir comment ensemble élaborer une complémentarité de façon à ce que l’action d’un acteur n’empiète pas ou ne nuise pas à l’action de l’autre. C’est justement ce document qui a été validé à Kpalimé en Novembre 2020 pour lequel tous les agents se sont mobilisés en vue de sa mise en oeuvre.
Au Togo, nous avons toujours constitué les stocks de sécurité; d’ailleurs dans la deuxième semaine de janvier, la campagne va être lancée pour consolider nos stocks dans le souci de ne plus les garder longtemps dans nos magasins. Je voudrais vous rappeler que par rapport aux avaries dont vous aviez fait cas, nous avions pris des mesures déjà en 2020-2021 pour faire une rotation de ces stocks en faisant une offre de ventes sur le marché national et je peux vous dire que les opérateurs nationaux ont bien accueilli cette décision parce qu’il y va de la survie des producteurs de volailles . Généralement, quand on fait le bilan des productions agricoles, on a en vue que la consommation humaine. Nous avons un autre pan qui n’est pas en vue: c’est les producteurs de volailles. Nous oublions malheureusement les producteurs de volailles qui constituent un pan important dans la consommation de céréales. Ils sont de vrais consommateurs de produits céréaliers sur l’ensemble des pays de la CEDEAO et c’est justement ce vollet qu’il faut nécessairement prendre en compte pour éviter que ne se développent des pressions sur la consommation humaine. On démarre avec la vente des avaries, nous allons faire en sorte que d’ici la fin de l’année 2021 on écoule toutes les avaries pour ne laisser la place dans nos magasins qu’aux stocks de bonne qualité qu’on va conserver au plus pendant deux (2) ans. Déjà la troisième année, il va falloir penser à la rotation de ce stock.

A-News : En ce qui concerne le grenier de l’ANSAT, est-ce que les prévisions permettront de juguler une éventuelle crise post-Covid liée à la famine que ce soit sur le plan national ou sous-régional ?

DG ANSAT : Les prévisions de production établies par la Direction de la Statistique agricole prévoyait une production de plus de 1.400.000 tonnes de céréales, ces prévisions ont été presque réalisées avec une estimation de 1.300.000 tonnes. Ce qui est intéressant au niveau de l’ANSAT, c’est la confirmation de ces données théoriques. Nous entrons en contact avec les paysans pour qu’ils définissent les quantités réelles physiques qu’ils ont dans les cinq (5) régions et surtout les volumes de stocks qu’ils préparent par séquences. Très souvent quand les paysans récoltent le maïs ils le conservent dans les magasins ou les greniers en épis, c’est quand ils décident de mettre le maïs sur le marché qu’ils procèdent à l’egrenage; et donc ce temps de préparation qui dure une à deux semaines se solde par des informations que les paysans font remonter au niveau de l’ANSAT à travers la plateforme qui a été mise en place. Il y a donc fluidité d’échanges d’informations sur la disponibilité physique des stocks sur le territoire national qui nous rassure. Toute la question réside maintenant sur la gestion de ces excédents. Nous allons encore prendre langue avec les paysans pour voir si on peut mettre les usines de transformation à contribution pour absorber une quantité et voir éventuellement les demandes qui viennent des pays de la sous-region et même des institutions internationales comme le PAM. C’est après consultation avec les paysans que nous allons tirer tout au clair. Ce qui est sûr c’est que tous les besoins au niveau national sont couverts donc la sécurité alimentaire sera encore de mise cette année malgré la crise sanitaire
Il est à signaler par ailleurs que le Réseau de prévention des crises alimentaires nous envoie des signaux relativement alarmants qu’à partir du mois de juin, juillet, août, il est fait cas qu’environ 24 millions d’âmes seront menacées par une famine dans notre sous-région; donc il faut que les pays côtiers soient prêts à la riposte. Il faudrait qu’on transforme ces défis en opportunités pour les paysans qui se plaignent souvent du non écoulement de leurs produits.

A-News : Justement, l’ANSAT sous votre impulsion a récemment validé le document cadre de politique et de stratégie nationale de stockage des céréales au Togo mais on évoque le ventre mou de la chaîne agricole et de l’autosuffisance alimentaire, que représente les quantités de produits carnés qui sont de plus en plus insuffisantes. Au niveau de l’ANSAT quelle politique mettez vous en place pour pouvoir pallier cette carence ?

DG ANSAT : C’est vrai qu’on avait des déficits énormes en produits carnés mais sur ces cinq (5) dernières années beaucoup d’efforts ont été faits au point de réduire ce déficit et c’est l’occasion pour nous ici de saluer les actions que la Direction de l’élevage et l’office national des abattoirs et frigorifiques ont mené pendant les cinq (5) ans pour mettre à la disposition des consommateurs togolais les produits. Il y a eu des efforts et nous sommes en passe de satisfaire la demande nationale sauf qu’on se rend compte qu’il y a encore quelques efforts à faire au niveau de la recherche. L’ITRA a mis en place des semences améliorées que ce soit pour la volaille, le petit ruminant et même pour la filière halieutique mais il y a encore suffisamment d’espace à occuper dans ce domaine pour pouvoir permettre au Togo de combler le déficit et d’avoir sur le territoire des produits carnés compétitifs parce que quand vous prenez les produits qui sont importés, ils battent le record en terme de faible prix sur le marché par rapport à ce que nous produisons. Si on a cette facilité au niveau du commerce d’acheter les produits carnés à moindre coût pour venir les déverser sur le territoire à prix très réduit, c’est tentant pour les consommateurs surtout pour les couches vulnérables qui n’évaluent pas les risques au niveau de leur santé donc nous disons qu’au niveau de notre département il y a encore des efforts à faire pour produire davantage des géniteurs améliorateurs qui ont une capacité de production pouvant rassurer les consommateurs qu’ils peuvent disposer de produits sur le marché à moindre coût mais de qualité irréprochable. Voilà le challenge que nous avons en face au niveau de notre département mais avec l’appui qu’apporte le ministre aux différentes structures, nous avons la certitude que d’ici quelques années ce déficit va être comblé.

A-News : L’ANSAT de plus en plus rend compte des activités qu’elle mène, à quoi répond ce souci de communication pour laquelle vous vous engagez ?

DG ANSAT : Il a été fait constat que les difficultés de mise en marché des produits quels qu’ils soient au niveau national relèvent des charges d’exploitation qui sont tendues. Mais au-delà, il y a un problème de communication. Souvent, nous avons des régions qui sont excédentaires en terme de production mais l’information n’est pas remontée au niveau des opérateurs qui attendent plus de clarté pour pouvoir prendre des décisions et donc les paysans se retrouvent très souvent avec des produits dans leurs milieux qu’ils n’arrivent pas à écouler. C’est pourquoi il faut saluer la mise en place de la plateforme. Aujourd’hui, à travers la plateforme qui a été mise en place, tous les paysans ont les informations en temps réel. Mieux, cela leur permet d’échanger des informations avec les autres acteurs notamment les commerçants, les opérateurs économiques qui commencent par s’intéresser à la production nationale. D’année en année on ne fait qu’enregistrer des volumes croissants d’exportations parce que les produits togolais en terme de qualité sont très appréciés. Pour les produits bio le Togo est premier pays exportateur vers l’Union Européenne en Afrique de l’Ouest. Il y a lieu de consolider ces résultats en faisant en sorte que les paysans soient de véritables acteurs de développement qui maîtrisent parfaitement la chaîne d’informations que ce soit au niveau national, sous-régional qu’international.

A-News : Quelles sont les perspectives pour 2021 ?

DG ANSAT :

La crise sanitaire liée au Covid-19 a ralenti l’élan amorcé par le Togo dans la mise en œuvre du PND. Pour rattrapper le retard et relancer toutes les activités au niveau national, le gouvernement a conçu le Plan stratégique Togo 2025 au travers duquel notre département établi une feuille de route à toutes les structures qui doivent animer les actions année après année pour prendre le dessus sur le temps perdu et réaliser les objectifs attendus. Concernant l’ANSAT, il est question de se focaliser sur les actions que nous avons déjà mené en 2020-2021 avec le souci de les amplifier en les innovant. Les amplifier, c’est faire en sorte que la totalité des 496 magasins construits par le gouvernement soient exploités par les paysans.

Pour la bancarisation et le relèvement des crédits bancaires au secteur agricole, il sera mis sur pied un fichier qui va retracer pour la campagne agricole 2021-2022 les rapports d’activités des coopératives agricoles en terme de sollicitation et d’obtention de crédits auprès des banques. Pour la commercialisation de nos produits, il sera question de fidéliser les pays importateurs mais aussi d’élargir la gamme en ciblant de nouveaux horizons. Concernant le renforcement et la mobilisation des stocks de sécurité, 828 millions de F CFA ont été decaissés pour acheter plus de 4800 tonnes de céréales (maïs, mil, sorgho, riz) au prix de 160 francs le kilogramme de maïs bord champ. De 200 francs le kilogramme de mil/sorgho bord champ et de 380 francs le kilogramme de riz blanc bord champ.

Pour la campagne 2021-2022, cette année compte tenu du contexte sous-régional, ce montant est revu à la hausse et porté à 1 milliard 200 millions de F CFA en faisant jouer le stock financier de l’ANSAT et ceci dans les perspectives de juguler toute éventuelle crise alimentaire dans la sous-région.

A-News : Un mot à l’endroit du monde agricole ?

DG ANSAT : J’adresse mes vœux de santé, de paix et de bonheur aux acteurs du secteur agricole pour qu’ils puissent contribuer efficacement au renforcement de la sécurité alimentaire tout en cherchant à valoriser davantage nos produits agricoles sur les marchés internationaux par la promotion des cultures à hautes valeurs ajoutées. Mon souhait c’est que le paysan Togolais ne soit plus celui qui travaille au champ pour alimenter le marché d’à côté, mais qu’il soit un véritable chef d’entreprise qui vise les grands marchés internationaux grâce au nouvel environnement plus ouvert, incitatif et attractif que le gouvernement a crée à travers le PND.

A-News : Col. Ouro-Koura Agadazi, Directeur général de l’ANSAT, merci !

DG ANSAT : C’est à moi de vous remercier !

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