29 Sept. Journée Mondiale des maladies Cardiovasculaires : «(…) Le Covid-19 participe à ce stress et les années à venir on aura une flambée de maladies cardiaques qui vont aboutir à l’insuffisance cardiaque.» Pr. Jean-Marie Damorou, Chef PNLMCV

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29 Sept. Journée Mondiale des maladies Cardiovasculaires : «(…) Le Covid-19 participe à ce stress et les années à venir on aura une flambée de maladies cardiaques qui vont aboutir à l’insuffisance cardiaque. (…) elles tuent plus que le Covid-19 » Pr. Jean-Marie Damorou, Chef PNLMCV

A-News : Pr. Jean-Marie Damorou bonjour et merci d’avoir accepté l’entretien à l’occasion de la Journée Mondiale de Lutte Contre les Maladies cardiovasculaires 2020.

Pr. Damorou : C’est toujours un plaisir d’échanger avec vous depuis toutes ces années

A-News :
Merci Pr., vous êtes Professeur Agrégé en Cardiologie, Chef du Programme National de Lutte Contre les Maladies cardiovasculaires au Togo, pourquoi une journée mondiale consacrée aux maladies cardiovasculaires le 29 Septembre de chaque année ?

Pr. Damorou :
Belle question ! Les maladies cardiovasculaires sont les maladies de l’adulte les plus fréquentes, graves et mortelles au plan mondial.

A-News : A-t-on une incidence statistique ?

Pr. Damorou :
Évidemment ! Les statistiques elles sont alarmantes. 70% des décès dans les pays en voie de développement sont liés aux Maladies cardiovasculaires (…) elles tuent plus que le Covid-19. Le Covid-19 participe également à la flambée des Maladies cardiovasculaires en instaurant un stress chronique, voilà pourquoi c’est un véritable enjeu de santé publique.

A-News : Quelle appréciation chiffrée peut-on faire en ce qui concerne le Togo ?

Pr. Damorou :
Ce sont des chiffres parcellaires. Nous savons que l’hypertension artérielle c’est environ 30% de la population voire 40% dans certaines contrées. Au niveau hospitalier, là également ce sont des chiffres qui font froid dans le dos, 25% des consultations dans nos unités de soins concerne les insuffisances cardiaques. Quand il y a insuffisance cardiaque cela veut dire que ce sont des patients qui ont de gros soucis de santé. Voilà pourquoi cette journée mondiale est très importante.

A-News : Comment définir l’insuffisance cardiaque ?

Pr. Damorou :
Il faut d’abord rappeler que le cœur c’est une pompe. Une pompe qui est chargée d’envoyer le sang chargé de nutriments et d’oxygène indispensables au bon fonctionnement des organes et cellules. Quand cette pompe devient incapable de fournir la quantité nécessaire de sang aux organes, on parle d’insuffisance cardiaque, c’est grave ! C’est l’aboutissement de toutes les maladies du cœur.

A-News : Est-ce réversible ?

Pr. Damorou :
Tout dépend du stade auquel on prend en charge cette insuffisance cardiaque. Si c’est trop tard cela devient irréversible.

A-News : Comment posez-vous le diagnostic, quels sont les symptômes et surtout vos conseils sanitaires ?

Pr. Damorou : le diagnostic est très facile. Le sang c’est le carburant et lorsqu’il n’y a pas de carburant y a pas d’énergie et donc on remarque de la fatigue, de l’essoufflement même au repos. Des troubles de conscience du fait de la faible quantité de sang arrivant au cerveau. Devant tous ces signes il faut déjà penser à l’insuffisance cardiaque.
On peut ajouter à cela l’échographie cardiaque qui permet de faire le diagnostic de confirmation de l’insuffisance cardiaque.
Relativement aux conseils, c’est simple !
Il y a les causes et les facteurs de risque.
Les causes ce sont les maladies du cœur et des tuyaux du cœur qui peuvent aboutir à l’insuffisance cardiaque.
Les facteurs de risque, il y en a des modifiables et ceux non modifiables.
Les facteurs non modifiables nous avons l’âge, l’ethnie, la race…
Les facteurs modifiables : l’alcoolisme, le tabagisme, l’obésité, le mauvais cholestérol, le stress. Le Covid-19 participe à ce stress et les années à venir on aura une flambée de maladies cardiaques qui vont aboutir à l’insuffisance cardiaque.
En résumé, il faut manger sainement, c’est à dire moins gras, moins salé et moins sucré.
Aussi il y a l’activité physique. Il y a deux aspects, le sport, qui nécessite un passage chez le cardiologue pour voir si le cœur le permet. De deux, une marche de 30 minutes chaque jour, gérer le stress et dormir suffisamment.
Toutes ces mesures prises constituent une prévention des maladies cardiovasculaires et de l’insuffisance cardiaque.

A-News : Vous incitez visiblement au dépistage précoce !

Pr. Damorou :
Tout à fait ! Surtout l’hypertension artérielle parce que c’est la maladie cardiovasculaire la plus fréquente, le faire c’est faire de la prévention.

A-News : Merci Pr. Jean-Marie Damorou

Pr. Damorou : plutôt moi !

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